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Publié le 27 mars 2009, modifié le 23 juin 2013

Intervention de la Fédération des Sgen-CFDT au CSE le 26 mars 2009

Dans le domaine éducatif, le gouvernement en général et le ministère en particulier peinent à trouver des portes de sortie aux conflits qu’ils ont eux mêmes déclenchés par la méthode employée : beaucoup d’hypocrisie qui ne trompe personne pour supprimer des postes en se donnant l’air de réformer, mais aussi cette obsession des suppressions d’emplois qui constitue le seul véritable axe politique et touche tous les secteurs de l’Education : C’est le cas à l’école sur la question de la suppressions des postes d’enseignants des RASED qui gèrent la grande difficulté scolaire. C’est aussi le cas de la réforme de la voie professionnelle dont les aspects positifs sont effacés par la violence des suppressions massives de sections et de postes. C’est encore le cas sur la question de la formation des enseignants, la mastérisation. dont l’objectif est simple : supprimer l’année de stage qui suit le concours et donc récupérer les salaires des stagiaires.. A cela on pourrait encore ajouter les coupes sombres dans les moyens des associations complémentaires ou à la jeunesse et sports.

Au delà, la politique éducative gouvernementale peut se résumer en quelques mots : Brutalité et mépris, amateurisme et précipitation, idéologie. Ces constantes dans l’action du gouvernement, je les illustrerai par quelques épisodes marquants.

L’idéologie, elle est omniprésente dans les diverses injonctions assénées aux personnels comme dans le dogme des suppressions d’emplois programmées en fonction des départs en retraite sans tenir compte des besoins du service public.

La brutalité et le mépris sont clairement affichés par le président Sarkozy lui-même lorsqu’il tient un discours inutilement vindicatif envers les enseignants-chercheurs.

La brutalité et mépris se retrouvent aussi dans les propos de notre ministre Xavier Darcos sur la formation des enseignants et les IUFM. Alors quand Monsieur Darcos nous dit dans une tribune du monde de jeudi 19 mars, jour de grève et de manifestation interprofessionnelles, que les intellectuels doivent « sortir des intérêts partisans et caricaturaux » , du « registre polémique et agressif », nous avons là un jugement d’expert.

Nous sommes d’accord qu’il faut changer la nature du dialogue social. Mais alors, que le Ministre commence par montrer lui-même l’exemple. Si « les politiques ne sont pas ennemis du savoir » comme il nous le dit, qu’il commence par nous en apporter une preuve.

Dans quelle entreprise accepterait-on ainsi que le patron insulte chaque jour ses salariés mette en cause leur professionnalisme et leurs compétences en leur demandant dans le même temps de faire des efforts supplémentaires ? Les personnels attendent aujourd’hui d’être RECONNUS et« RESPECTES »dans leur métier.

En créant ce climat de tension et de provocations, le président et son gouvernement empêchent eux-mêmes toute possibilité de dépasser l’immobilisme et de transformer réellement le système éducatif. Comment ne pas parler d’amateurisme, quand le Ministère n’est même pas capable de sortir rapidement les textes officiels relatifs aux protocoles qu’il a lui même validé comme la réforme de la voie professionnelle ou la mise en place de l’aide individualisée dans les écoles., quand il n’est pas capable de se faire obéir de sa hiérarchie intermédiaire (IA et Recteurs) qui n’appliquent pas ces textes et en torpillent l’esprit et la lettre.

La précipitation tient au seul fait que les économies de postes doivent être effectives à la rentrée 2009. C’est ce qui conduit souvent en guise de dialogue à la mise en place d’un rétroplanning des réformes dont chaque étape est gérée dans l’urgence.

C’est le cas de la réforme de la formation des enseignants et du nouveau décret sur les enseignants chercheurs. Cela a été encore plus évident dans la réforme des lycées dont le calendrier intenable a conduit à une situation bloquée obligeant le Ministre à reprendre tout à zéro. Si , en apparence, le gouvernement poursuit ses projets de réformes, la multiplication des médiateurs et médiatrices trahit un certain flottement et une conduite à vue sans projet cohérent.

Même s’il semble que nous ne mettions pas la même chose que le gouvernement dans le concept de réforme, nous souhaitons des réformes négociées dans l’intérêt des usagers mais aussi des personnels et de leurs conditions de travail.

Pour le Sgen-CFDT, dans le contexte de crise que nous vivons, le maintien de l’emploi public s’impose à nouveau comme outil de lutte contre le chômage, en particulier le chômage des jeunes et constitue une condition indispensable pour faire aboutir les réformes nécessaires de service public. Sur ce plan, l’absence de réponse ou plutôt la fin de non recevoir du Premier Ministre, le soir même, à la forte mobilisation du 19 mars est inacceptable. Les attentes sociales exprimées par les salariés imposent un changement de cap rapide et conséquent de la politique gouvernementale.




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Imprimé à partir du site Sgen-CFDT de l’académie de Grenoble, http://cfdt.alpviv.org le 14/11/2019