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Publié le 5 avril 2012, modifié le 1er décembre 2012

Circulaire de rentrée 2012 : l’avis du Sgen-CFDT

Avant d’aborder le fond, il faut préciser que cette circulaire n’a fait l’objet d’aucune prise de contact ou consultation des syndicats, comme cela a pu exister voici quelques années. Et même d’aucune information, les organisations syndicales découvrant le texte une fois publié. Cela en dit long sur la conception du dialogue social qui prévaut, mais aussi sur le peu de doutes qui traverse l’esprit des rédacteurs quant aux réponses à apporter aux défis scolaires d’aujourd’hui. Malheureusement, ce n’est pas surprise !

Rarement une circulaire de rentrée aura paru aussi décalée du réel. Le ministère fait ses recommandations aux collègues en semblant ignorer totalement les difficultés accrues qui seront vécues dans les écoles et établissements du fait des suppressions de postes.

La présentation de la circulaire est pour le moins déroutante. Faut-il chercher les consignes dans la circulaire elle-même ou dans les annexes à peine plus précises, parfois avec des ajouts étonnants.

L’introduction commence par une expression « école du socle commun » sans que rien dans la suite du texte n’étaye cette nouvelle construction. Au contraire de nombreuses formulations s’éloignent de l’esprit du socle et tout ou presque dément le qualificatif « commun ».

Même si le mot utilisé est celui de parcours, ce sont bien des voies qui sont organisées et ce dès le collège, qui n’a plus rien d’unique. On met bien en place des structures d’orientation précoce comme la troisième « préparatoire aux formations professionnelles » ou l’alternance dès la quatrième.

La « personnalisation », axe principal de la circulaire, s’accompagne d’une obsession du renforcement du contrôle ( que la circulaire s’obstine à appeler évaluation ) normatif à tous les niveaux, qui laisse peu de place à la liberté pédagogique des équipes.

De plus l’argumentaire est appuyé sur des améliorations que révéleraient les résultats des évaluations, comme si ces résultats pouvaient être regardés avec confiance alors que leur élaboration ne présente aucune garantie sérieuse de fiabilité, que les évaluations PISA affichent une baisse importante des résultats en France !

Mais, au delà de cette insupportable autosatisfaction de saison, des éléments conceptuels sont vraiment inquiétants. La description des priorités pour l’école reste centrée sur la langue et les mathématiques, dans une acceptation réduite à la connaissance de la discipline pour elle même. Tout le reste, les « autres domaines », est renvoyé aux « repères de progression ».

En persistant à isoler les « savoirs fondamentaux » du reste des connaissances, on reste loin d’une logique de construction de compétences.

Cette circulaire liste laborieusement et sans distinction un ensemble de mesures déjà en place dans les établissements du second degré (avec parfois des rappels utiles comme pour l’accompagnement personnalisé au lycée mais qui ont peu de chance d’être suivis d’effet, les TRMD étant déjà élaborés ), des mentions de mesures annoncées par le ministre ou le président ( globalisation de l’horaire de langues dans 10% des collèges ) et des mesures nouvelles que rien n’organise vraiment ( DNL en collège, centres de connaissances et de culture dans les EPLE ).

Le discours sur la personnalisation des apprentissages, sert aussi à masquer la casse de l’ancrage territorial de l’éducation prioritaire pour se contenter d’exfiltrer les plus méritants dans des « internes d’excellence » promus « avant garde de l’Education prioritaire ».

La confusion, volontairement entretenue, des établissements ECLAIR « avant garde de l’école » ( sic) laisse augurer la disparition, à terme, des RRS. L’abandon de toute politique éducative territorialisée se retrouve aussi dans l’expérimentation de la nouvelle « autonomie » des académies dans 7 d’entre elles. Cette fausse autonomie reposant en fait sur un contrat d’objectif passé entre l’académie et le ministère basé sur le projet académique sans qu’à aucun moment les collectivités territoriales ( régions, départements ou municipalité ) ne soient associées dans le processus, tout comme dans le dispositif Eclair.

Le paragraphe « établir un climat propice aux apprentissages » comme celui concernant la laïcité, se résument à la lutte contre le harcèlement, contre l’absentéisme contre le prosélytisme religieux par des mesures qui traduisent une méconnaissance profonde du terrain.

Concernant l’orientation, l’expertise des COP est concentrée sur l’accompagnement des jeunes nécessitant un suivi psychologique, renforçant ainsi le principe du transfert de mission des COP vers le métier de psychologues scolaire, comme le réclament certains.

Plusieurs références tiennent de l’incantation (formation initiale et continue des professeurs, coéducation avec les parents) et l’on atteint un sommet avec un paragraphe intitulé « conforter la capacité d’agir des acteurs académiques » qui se contente de lister une batterie de modification dans les logiciels administratifs...

Bref, tout cela s’apparente plus à un texte de propagande pré électorale qu’à un cadre de référence pour la conduite du système éducatif !



La circulaire de rentrée. BO du 29 mars 2012.

Ce communiqué au format PDF.

La lettre à tous les personnels du nouveau ministre Vincent Peillon.



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Imprimé à partir du site Sgen-CFDT de l’académie de Grenoble, http://cfdt.alpviv.org le 29/02/2020