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Publié le 3 juillet 2013, modifié le 29 septembre 2013

Comité Académique de l’Education nationale du 3 juillet 2013

Déclaration préalable du Sgen-CFDT au CAEN du 2 juillet

L’année scolaire 2012-2013 qui s’achève a vu se mener un vaste travail législatif dans le domaine de l’Education avec la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École et celle réformant l’enseignement supérieur et la recherche, sans compter les décrets sur les rythmes scolaires ou le projet éducatif territorial. Les mois qui viennent s’annoncent également bien remplis avec un projet de loi sur l’enseignement agricole, un autre sur la formation professionnelle sans oublier « l’acte 3 » de la décentralisation.

L’activité politique a donc été dense, mais le sentiment qui domine sur le terrain est que les choses n’ont guère changé, quand elles ne se sont pas encore dégradées. La période qui s’achève aura été le temps des choix stratégiques, des lois d’orientation, celles qui fixent le cap et plantent le décor. C’est dans la période qui commence que l’initiative va se déplacer du Parlement et des ministères vers les rectorats, les universités, les établissements et les écoles, et que le changement espéré va ou non se traduire dans les faits.

Pour le Sgen-CFDT, il s’agit maintenant de passer à l’action sur le terrain, et d’utiliser tous les outils à notre disposition pour transformer l’école, l’université, la recherche, les administrations dans un sens favorable au service public et à ses personnels.

Les occasions d’agir ne manqueront pas. C’est à partir de la rentrée prochaine que la réforme des rythmes scolaires prendra son sens qui pourra être celui de l’innovation pédagogique ou de la facilité de gestion ou encore que la gouvernance des universités dans le cadre de Grenoble Alpes pourra évoluer vers plus de collégialité et moins de concurrence entre établissements.

Le chantier de la refondation devra déboucher sur une reconstruction ambitieuse du collège et de l’éducation prioritaire, qui rompt avec les politiques de renoncement précédentes.

Les Greta tout juste recréés, devront mieux reconnaître et valoriser leurs personnels pour affermir leur place dans le monde de la formation continue des adultes.

L’Espé de Grenoble, dont la gestation a été si douloureuse, devra se montrer à la hauteur des enjeux de la formation initiale et continue des enseignants.

Enfin, s’ouvrira la négociation sur les métiers et les missions des enseignants. Elle doit impérativement déboucher sur une rénovation statutaire si on veut que les personnels ne soient pas les oubliés de la modernisation de l’École.

Nous terminerons en insistant sur trois chantiers qui concernent à la fois l’Etat et la Région.

Le point d’étape fait le 10 juin par le ministre de l’Education nationale sur la stratégie pour développer le numérique éducatif insiste évidemment sur la coordination entre la politique numérique du rectorat et la politique d’acquisition et de maintenance des collectivités. Cependant l’organisation qui doit être mise en place dans les académies et les départements oublie les enseignants qui n’auront toujours pas de lieu de dialogue direct avec les collectivités territoriales pour que matériels et services correspondent à leurs besoins et à ceux des élèves. Pour le Sgen-CFDT, il est nécessaire que l’on abandonne l’idée d’une stratégie verticale, incompatible avec le numérique, et que les gouvernances académiques fassent une place aux personnels.

La question de l’orientation devrait finalement s’insérer dans le cadre de la future loi sur la Formation professionnelle. Pour le Sgen-CFDT le réseau des CIO a incontestablement sa place dans le Service Public d’Orientation à venir par son maillage, ses ressources documentaires et les compétences des personnels qui y exercent, les dernières labellisations des CIO de Romans et de Chambéry le montrant bien. Le désengagement des conseils généraux de Savoie et de Haute-Savoie aux CIO de Chambéry et d’Annecy a pu être compensé par leur transformation en CIO d’Etat et leur déménagement. Cependant cette solution reste financièrement fragile. Il est urgent de définir la contribution des CIO au SPO par une convention état-région dans le cadre d’une expérimentation, et de mettre en place un statut d’établissement public pour les CIO.

En matière de lutte contre le décrochage scolaire la mise en place au niveau académique du réseau FOQUALE sera complémentaire de l’action menée par les collectivités territoriales. Son action devra en effet s’insérer dans le « pacte régional pour la réussite éducative et professionnelle des jeunes » qui devra constituer une déclinaison particulière du contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP) pour lutter contre le décrochage scolaire. Le Sgen-CFDT est convaincu que l’ingénierie et la coordination sont essentielles pour permettre le « raccrochage » des élèves et approuve la place prise dans ce dispositif par la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire, nouvelle appellation de la MGI, dont les personnels doivent voir leur professionnalité reconnue. Pour autant, nous sommes persuadés que l’organisation du système éducatif, « producteur » d’échecs scolaires et de décrochage, doit évoluer vers une école du socle commun, dans une logique de valorisation des acquis et non structurée par l’échec.




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Imprimé à partir du site Sgen-CFDT de l’académie de Grenoble, http://cfdt.alpviv.org le 14/11/2019