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Publié le 22 octobre 2006, modifié le 30 avril 2018

Il n’y a pas lieu d’imposer une unique méthode d’enseignement de la lecture

Les récents débats sur les méthodes d’enseignement de la lecture ont conduit un certain nombre de chercheurs en psychologie cognitive, neuropsychologie et sciences de l’éducation à rappeler les résultats des études d’évaluation de l’efficacité des différentes méthodes, et à formuler notamment les recommandations suivantes :

  1. Il faut enseigner les relations graphèmes-phonèmes (entre les lettres et les sons) de manière systématique et explicite, dès le début du cours préparatoire.
  2. Il existe de nombreuses manières d’enseigner les relations graphèmes-phonèmes : des approches synthétiques, combinant les phonèmes pour construire les syllabes et les mots ; des approches analytiques, décomposant les mots en syllabes et en phonèmes ; et des approches combinant à divers degrés les deux précédentes. Les études d’évaluation ne font pas ressortir de différences significatives d’efficacité entre ces différentes approches.

Les résultats scientifiques actuels suggèrent donc d’écarter les méthodes qui n’enseignent pas les relations graphèmes-phonèmes, ou qui ne les enseignent pas de manière explicite et systématique, ou qui ne les enseignent pas suffisamment tôt (souvent appelées "méthodes globales", ou selon les acceptions, correspondant à une partie des méthodes globales). Toutes les autres méthodes semblent acceptables. L’arrêté de mars 2006 modifiant les programmes d’enseignement de l’école primaire a précisé les programmes de 2002, en restreignant l’éventail des méthodes d’enseignement de la lecture recommandées précisément à celles suggérées par les travaux scientifiques. Il s’agit donc là d’une évolution positive. Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l’enseignant prend soin d’enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l’automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.

Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n’y a donc pas lieu d’exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n’y a notamment pas lieu de leur imposer l’usage d’une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique").

Franck Ramus, Chargé de Recherches au CNRS,
et Rémi Brissiaud, Maître de Conférences à l’IUFM de Versailles
Co-signataires :
Mireille Bastien-Toniazzo, Maître de Conférences à l’Université de Provence
Séverine Casalis, Maître de Conférences à l’Université Lille 3
Sylvie Cèbe, Professeur à l’Université de Genève
Pascale Colé, Professeur à l’Université de Savoie
Marcel Crahay, Professeur à l’Université de Genève
Jean-François Démonet, Directeur de Recherches à l’INSERM
Jean Ecalle, Maître de Conférences à l’Université Lyon 2
Michel Fayol, Professeur à l’Université Clermont-Ferrand II
Jacques Fijalkow, Professeur à l’Université Toulouse II
Daniel Gaonac’h, Professeur à l’Université de Poitiers
Roland Goigoux, Professeur à l’IUFM d’Auvergne
Jean-Emile Gombert, Professeur à l’Université Rennes 2
Jacqueline Leybaert, Chargée de Cours à l’Université Libre de Bruxelles
Annie Magnan, Professeur à l’Université Lyon 2
José Morais, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles
Laurence Rieben, Professeur à l’Université de Genève
Liliane Sprenger-Charolles, Directrice de Recherches au CNRS
Annick Weil-Barais, Professeur à l’Université d’Angers
Pascal Zesiger, Professeur à l’Université de Genève
Johannes Ziegler, Directeur de Recherches au CNRS



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Imprimé à partir du site Sgen-CFDT de l’académie de Grenoble, http://cfdt.alpviv.org le 22/09/2018