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Publié le 14 mars 2007, modifié le 26 novembre 2012
Philippe Meirieu réforme la structure des classes
Invité par le SGEN de l’académie de Grenoble à une réunion-débat sur le temps de travail enseignant le 1er mars 2007, Philippe Meirieu a levé des pistes de réflexion pour lutter contre l’échec scolaire en conjuguant une refonte du temps de travail des enseignants du second degré et des élèves. Partant du constat qu’il faudrait augmenter de 15% l’effectif du corps enseignant si on ne touchait pas aux horaires disciplinaires, P.Meirieu met en garde contre un enfermement dans une stricte logique comptable de l’évolution la prise en compte du temps de travail enseignant. Pour lever les contradictions l’étude devra aborder conjointement le temps de travail des élèves et des enseignants. Pour cela les trois pôles qui articulent aujourd’hui le travail des élèves : cous/soutien/travail personnel, devront éclater.
La notion d’organisation en classes des établissements scolaires n’est qu’une modalité, elle n’est pas consubstantielle de l’école et si, en son temps, l’organisation en classe a été un progrès en matière d’équité, de régulation, elle n’est pas une finalité. pour sortir de la difficulté de la dualité hétérogène/homogène, on sera obligé de centrer la formation de l’élève sur cet apprentissage et la manière de le maîtriser.
Quelle serait la forme d’un établissement qui rationaliserait la formation ?
P.Meirieu imagine une structure en unités de 60 à 80 élèves réunis en unités fonctionnelles avec des cours en amphi à effectif complet, quitte à ce qu’il y ait alors deux enseignants et d’autres moments en groupe de cinq. “Cessons de partir de la classe !†On pourrait se demander si ce n’est pas la comptabilisation du service des professeurs qui préside à l’organisation en classes des élèves ? martèle-t-il. Il faudrait, selon P.Meirieu, s’approcher d’une vision 15+4 et surtout d’une vision plus globale pour optimiser l’acquisition des connaissances : il faut avancer en étudiant ces deux pôles en même temps. On n’évitera le corporatisme qu’en réfléchissant à ce que l’organisation d’une cohorte d’élèves ne conditionne pas l’organisation du temps de travail enseignant et réciproquement.
A propos de remédiation de l’échec scolaire
P.Meirieu reconsidère l’hégémonie idéologique de la notion de soutien. On avait pensé qu’il suffirait de mettre des heures de cours pour faire réussir les élèves, l’expérience a démenti ce postulat. On a démocratisé l’enseignement, pas la réussite. Les exclus le sont maintenant de l’intérieur du système scolaire et ne peuvent donc plus traduire leur exclusion en engagement politique ou syndical. Le Capital n’est le responsable de leur échec puisqu’ils ont eu accès au collège, la violence tient là une de ses racines. Aujourd’hui on assène que les cours particuliers sont la panacée : on fait ainsi l’économie de toucher à l’acte pédagogique.
La réduction du temps de travail enseignant face aux élèves sera justifiée uniquement par un gain qualitatif pour les élèves ; or nous allons être acculés à des discussions à court terme : l’opinion publique et le politique nous prennent de court et nous serons en posture de défense, il nous faudra donner du sens pour le moyen terme. La finalité est le partage du travail, pas les 35 heures ! C’est le SGEN historiquement qui est porteur de ce projet donc de propositions, la profession y perdra sinon en termes d’image et en termes de valeurs, d’idéal. Les collèges et lycées demain changeront de forme. Le collège est fait pour méditer, pour formaliser et normaliser : l’architecture est donc à revoir. Les unités fonctionnelles proposées nécessitent de faire évoluer les bâtiments, or un lycée coà »te moins que 100 mètres d’autoroute. On est écrasé par la bureaucratie, il faut produire plus d’effet en utilisant le moins d’énergie. La pédagogie relève de l’état et non des collectivités territoriales pour lutter contre l’inégalité. P. Meirieu demande : 1000€ par classe et par an pour le professeur principal, un pouvoir pédagogique d’organisation des apprentissages, par collège une cellule de 3 à 4 professeurs principaux, déchargés 2 heures chacun ( ce qui coà »terait moitié moins cher qu’un redoublement) cellule qui aurait pouvoir d’infléchir le pilotage des conditions d’enseignement.
Un projet de société
La France est le seul pays au monde à avoir bâti son état sur l’école. Cependant nous sommes les fossiles du monde avec notre système d’inspection des enseignants :†C’est Guizot qui a créé les inspecteurs et Guizot était républicain comme moi je suis papeâ€
La référence doit être Jean Zay, ce visionnaire de l’accès à la culture pour tous, parce qu’il avait saisi les enjeux de la modernité dans leur globalité éducative.
Pour lutter aujourd’hui contre le pouvoir de l’image télévisuelle on a besoin de laïcité.
La clarté du projet d’éducation est la clé de l’ambition de la société et nous servons à éclairer les chemins du changement.
Quelle serait la forme d’un établissement qui rationaliserait la formation ?
P.Meirieu imagine une structure en unités de 60 à 80 élèves réunis en unités fonctionnelles avec des cours en amphi à effectif complet, quitte à ce qu’il y ait alors deux enseignants et d’autres moments en groupe de cinq. “Cessons de partir de la classe !†On pourrait se demander si ce n’est pas la comptabilisation du service des professeurs qui préside à l’organisation en classes des élèves ? martèle-t-il. Il faudrait, selon P.Meirieu, s’approcher d’une vision 15+4 et surtout d’une vision plus globale pour optimiser l’acquisition des connaissances : il faut avancer en étudiant ces deux pôles en même temps. On n’évitera le corporatisme qu’en réfléchissant à ce que l’organisation d’une cohorte d’élèves ne conditionne pas l’organisation du temps de travail enseignant et réciproquement.
A propos de remédiation de l’échec scolaire
P.Meirieu reconsidère l’hégémonie idéologique de la notion de soutien. On avait pensé qu’il suffirait de mettre des heures de cours pour faire réussir les élèves, l’expérience a démenti ce postulat. On a démocratisé l’enseignement, pas la réussite. Les exclus le sont maintenant de l’intérieur du système scolaire et ne peuvent donc plus traduire leur exclusion en engagement politique ou syndical. Le Capital n’est le responsable de leur échec puisqu’ils ont eu accès au collège, la violence tient là une de ses racines. Aujourd’hui on assène que les cours particuliers sont la panacée : on fait ainsi l’économie de toucher à l’acte pédagogique.
La réduction du temps de travail enseignant face aux élèves sera justifiée uniquement par un gain qualitatif pour les élèves ; or nous allons être acculés à des discussions à court terme : l’opinion publique et le politique nous prennent de court et nous serons en posture de défense, il nous faudra donner du sens pour le moyen terme. La finalité est le partage du travail, pas les 35 heures ! C’est le SGEN historiquement qui est porteur de ce projet donc de propositions, la profession y perdra sinon en termes d’image et en termes de valeurs, d’idéal. Les collèges et lycées demain changeront de forme. Le collège est fait pour méditer, pour formaliser et normaliser : l’architecture est donc à revoir. Les unités fonctionnelles proposées nécessitent de faire évoluer les bâtiments, or un lycée coà »te moins que 100 mètres d’autoroute. On est écrasé par la bureaucratie, il faut produire plus d’effet en utilisant le moins d’énergie. La pédagogie relève de l’état et non des collectivités territoriales pour lutter contre l’inégalité. P. Meirieu demande : 1000€ par classe et par an pour le professeur principal, un pouvoir pédagogique d’organisation des apprentissages, par collège une cellule de 3 à 4 professeurs principaux, déchargés 2 heures chacun ( ce qui coà »terait moitié moins cher qu’un redoublement) cellule qui aurait pouvoir d’infléchir le pilotage des conditions d’enseignement.
Un projet de société
La France est le seul pays au monde à avoir bâti son état sur l’école. Cependant nous sommes les fossiles du monde avec notre système d’inspection des enseignants :†C’est Guizot qui a créé les inspecteurs et Guizot était républicain comme moi je suis papeâ€
La référence doit être Jean Zay, ce visionnaire de l’accès à la culture pour tous, parce qu’il avait saisi les enjeux de la modernité dans leur globalité éducative.
Pour lutter aujourd’hui contre le pouvoir de l’image télévisuelle on a besoin de laïcité.
La clarté du projet d’éducation est la clé de l’ambition de la société et nous servons à éclairer les chemins du changement.
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