ACADEMIE DE GRENOBLE
PISA 2006

Les résultats de l’enquête PISA (Programme for International Student Assessment) 2006 montrent un recul des performances des élèves français, principalement pour les plus faibles. Nul ne peut dire avec certitude actuellement quelle est la part de l’Ecole et celle de l’aggravation des inégalités sociales dans ces mauvais résultats.
Ce qui est sà »r, c’est que les attitudes des pays efficaces se caractérisent par une différenciation scolaire la plus tardive possible, le respect de l’équité dans le système éducatif, la prise en charge individualisée des élèves en difficulté.
Pour Bruno Suchaut, "(il est nécessaire) d’identifier les facteurs explicatifs à différents niveaux : du pays lui-même et de son contexte socio-économique et culturel, de l’organisation global du système éducatif, du fonctionnement des établissements et des conditions socio-économiques et culturelles du milieu familial de l’élève. (...)
Il faut donc être vigilant sur les mesures politiques qui pourraient être prises rapidement à partir de la publication des résultats de PISA 2006 sans qu’aucune analyse complémentaire et spécifique sur la situation de la France ne soit effectuée."
Pour Nathalie Mons, maître de conférences en sciences de l’Education à l’Université de Grenoble II et membre du consortium de PISA 2009, "Les pays qui réussissent le mieux comme la Finlande ou la Corée sont également ceux qui ont le plus faible nombre d’élèves en grande difficulté scolaire. Pour améliorer nos performances, il ne faut donc pas aller vers un système éducatif élitiste (...) avec par exemple un retour des filières dans notre collège unique".
Pour Xavier Darcos, PISA montre "que notre système scolaire se trouve aujourd’hui à un tournant de son histoire. Il a été de tous les succès de notre société au cours des dernières décennies. Il ne doit pas devenir un symbole de ses échecs. L’école a réussi le pari de la massification, elle doit désormais relever le défi de la qualification des publics scolaires".
De ce "constat alarmant", Xavier Darcos tire 4 enseignements. La France recule d’année en année dans les enquêtes PISA "à cause d’un nombre élevé d’élèves faibles". Ce n’est pas en rapport avec les financements, "c’est ailleurs que ça se passe". Le système français est "moins équitable" que d’autres. Or "les systèmes qui sélectionnent le moins sont les meilleurs" assène le ministre. Ni l’augmentation des heures de cours, ni les redoublements ne règleront le problème.
Il y a donc accord sur le diagnostic, mais le ministre a-t-il les moyens de traiter le malade ? les dernières annonces du ministère, comme le report après les municipales de l’
nous permettent d’en douter...
Il est temps de transformer l’Ecole pour la réussite de tous les élèves :
- par la reprise de l’investissement de l’Etat. Il faut mettre un terme aux plans comptables de réduction des postes ;
- par l’autonomie et la reconnaissance des équipes éducatives ;
- par la mise en place d’un système d’évaluation collective des personnels sur la base des projets d’établissement ;
- par une action politique, concertée avec les collectivités locales, pour développer la mixité sociale dans les établissements scolaires ;
- par la mise en œuvre d’un socle commun ambitieux visant la réussite de tous les élèves ;
- par l’organisation de parcours de qualification et d’orientation permettant à chaque jeune de construire son propre projet ;
- par la transformation du métier d’enseignant autour de la reconnaissance de toutes les tâches et l’amélioration des conditions de travail.
C’est cette politique que la communauté éducative attend, c’est le sens de l’engagement du Sgen-CFDT.
Références :
Ne nous disputons pas autour du thermomètre et attaquons nous aux causes de la fièvre ! sur le site fédéral.
PISA 2006 volume 1 (analyse), sur le site de l’OECD (français).
PISA 2006 volume 2 (résultats), sur le site de l’OECD (anglais/français).
Point de vue :
André Giordan : PISA ne dit pas l’essentiel, sur le site du café pédagogique.
Elisaveta Bydanova, Alain Mingat, Bruno Suchaut. 2008. Qualité et efficience de l’école primaire française : éléments de comparaisons spatiales et temporelles, sur hal, archives ouvertes.
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